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Combat pour le relogement

 En octobre 1988, Magdala organise une conférence de rentrée au cours de laquelle les hommes de la rue peuvent dire leur misère et les conditions dans lesquelles ils vivent. Dédé, une personne à la rue, prend la parole et explique qu'après avoir mangé et prié ensemble, lui, retournait seul dans son carton. On n'a pas revu Dédé, il est mort à la rue quelques jours plus tard. La mort de Dédé fait prendre conscience à tous qu'il est impossible de continuer ainsi :                                       

On ne peut pas laisser mourir un être humain à la rue !

Suite à son décès, le Conseil d'Administration se réunit et décide de rechercher des logements pour les personnes seules. Tous s'y mettent. A l'époque, Wazemmes n'a pas encore opéré sa requalification : le quartier est parsemé de squats, et aucun financement n'existe pour réhabiliter ses maisons.

La vie à la rue n'est pas une fatalité !

 Annie et Lucien  vivaient en squat avec leurs quatre enfants dans une courée. Quand il pleuvait, des bassines recueillaient l'eau entre les quatre lits des garçons. Les parents dormaient au rez-de-chaussée car il y avait bien longtemps qu'il n'était plus possible d'occuper le second. Quand la courée fut rasée, la famille fut relogée dans un immeuble collectif ailleurs. « Nous voudrions revenir habiter ce quartier à Wazemmes, là on nous connaît et on aime bien ce quartier »…
Des partenariats sont alors  montés avec une association, le PACT, pour réhabiliter les logements.

Un lieu d'accueil de jour et une équipe d'accompagnement social se mettent en place à partir de fin 1989 pour accueillir et accompagner les personnes en grande difficulté.      

Témoignages

On m'a proposé d'accompagner "fraternellement" une personne qui avait été relogée dans un logement individuel. Ce fut pour moi une marque de confiance et une joie, à ce moment-là, et encore maintenant. Avec l'assistante sociale de Magdala qui l'accompagne, nous formons un petit groupe de confiance mutuelle. Avec la personne que j'accompagne « fraternellement », nous avons choisi notre rythme de rencontres et il y a un grand respect entre nous deux. En plus du plaisir de nous retrouver, nous avons beaucoup cousu ensemble, peint les murs de son habitation, etc...  Cette relation nous enrichit toutes les deux.       C.